
Crise dans le domaine de l'informatique : Où sont les femmes ?
Publié à 0h00 le vendredi 30 mai 2008


Les femmes ne se sont jamais faites aussi discrètes en ce qui a trait aux métiers qui touchent le domaine de l'informatique depuis les vingt dernières années. «On ne parlera bientôt plus de pénurie, mais bien de crise», a certifié Mario Doucet, directeur adjoint par intérim au Collège communautaire de Bathurst.
Sur les trois programmes disponibles qui sont accessibles aux futures carriéristes du multimédia, 57 personnes dont seulement cinq filles suivent les différents cours. Guylaine Leclerc, enseignante en technologie de l'informatique, a assuré que les choses ont grandement changé depuis sa graduation «Je me rappelle que lorsque j'ai suivi ma formation en informatique, les filles dominaient la place. Nous étions en grande majorité, si bien que les gars passaient souvent devant nos locaux, car ils savaient que la plupart des filles étaient présentes dans les classes d'informatiques», a fait savoir Mme Leclerc.
Que s'est-il passé pour que le vent change si rapidement de direction ? L'enseignante en informatique a posé l'hypothèse du stéréotype qui introduit les informaticiens et les programmeurs comme étant des «nerds», sans vie sociale et accroc des jeux informatiques, dans un phénomène qui a commencé dans les années 1990. «Avant cela, l'ordinateur était plus ou moins connu et ne connaissait pas la vogue qu'il connait aujourd'hui», a déduit Mme Leclerc, en précisant qu'elle-même, dans son entrée en études informatiques, elle n'avait jamais vu, ni même touché un ordinateur. Il va sans dire que les ordinateurs étaient jadis associés à un travail de bureau - secrétaire, réceptionniste, etc - qui était prisé en majorité par les femmes.
Il semblerait toutefois que le préjugé que connait l'informatique aujourd'hui ait été alimenté en fausse croyance, par le temps. En effet, le domaine n'a jamais été aussi relié et impliqué dans les communications qu'il ne l'est actuellement. L'image de l'intellectuel antisocial derrière son bureau semble bel et bien dépassée. «Tu dois parler à ton client, comprendre ce qu'il veut réellement, faire des recherches auprès de personnes ressources et même présenter des conférences. Une personne qui désire rester braquée derrière son écran ne peut malheureusement pas s'épanouir complètement en informatique, aujourd'hui », a affirmé Daniel Comeau, chef de département pour les technologies de l'information au CCNB. Même commentaire de la part de Valérie Guitard, étudiante en informatique, qui a affirmé que son programme d'étude ne l'aurait réellement pas intéressée si celui-ci n'avait pas impliqué des démarches socialisantes pour percer dans le marché du travail. Elle a ajouté qu'elle aimait beaucoup voyager et que l'informatique lui permettrait assurément de combiner sa passion avec son intérêt pour les communications et les virées.
«Ouvre-toi les yeux et branche-toi» ! C'est ce qu'a conclu la jeune étudiante de 18 ans pour espérer convaincre les autres femmes d'adhérer à l'informatique. «Se priver de domaine aussi valorisant et passionnant lorsqu'on a les aptitudes et l'intérêt, c'est triste», a renchéri Valérie Guitard. Les métiers en informatique ont donc réellement évolué, prouvant désormais que tous les préjugés et stéréotypes à leurs égards ne sont que le résultat, peut-être, de l'ignorance du sujet.
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