Vente d'ÉNB : un homme d'affaires de Bathurst inquiet

Publié à 6h00 le samedi 19 décembre 2009
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Jean-Guy Arseneau est un promoteur immobilier notoire dans la région Chaleur. Il est propriétaire d'édifices à appartements qui comptent un total de 59 compteurs électriques. Au départ emballé par l'annonce de la vente d'Énergie NB à Hydro-Québec, son enthousiasme s'est vite estompé lorsqu'il a pris connaissance des détails de l'entente de principe.

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Photo Jacques A. Ouellette, L’Étoile Chaleur.
Jean-Guy Arseneau croit que cette entente de principe sur la vente d’Énergie NB à Hydro Québec demande à être mieux évaluée.

C'est en analysant à fond le document d'entente que Jean-Guy Arseneau a commencé à se questionner. Il tirerait profit de cette vente avec de meilleurs tarifs, mais il estime que cela n'est pas profitable pour l'ensemble des Néo-Brunswickois.

«D'abord, on parlait d'une entente de 10 milliards $, mais c'est ce qu'elle vaudrait en 2040, pas aujourd'hui. En ce moment, on parle de 4,75 milliards $. En 2040, c'est dans 30 ans. Si je retourne 30 ans en arrière à Beresford, quelqu'un voulait me vendre quatre terrains, à 8000 et 9000 $. Je ne les ai pas achetés et deux ans passés j'ai offert 75 000 $ pour un de ceux-là. Il manque 4,2 milliards $ à l'entente, soit plus de 6000 $ par citoyen», souligne M. Arseneau.

Lors d'un entretien avec le journal, l'homme d'affaires a retracé les points majeurs de l'entente de principe, avec le document sur les genoux. Il est d'avis que le protocole d'entente a été préparé par ou pour le Québec, et que l'entente n'est, selon lui, clairement pas à l'avantage du Nouveau-Brunswick. Les crédits de carbone, estime-t-il, profiteront au Québec en cours de route. «Le Nouveau-Brunswick ne peut préciser combien cela peut valoir, mais si HQ le demande, c'est qu'ils savent ce que cela va valoir», reprend M. Arseneau.

Le prix de la location des chauffe-eau intéresse aussi Jean-Guy Arseneau. Il explique que les locations ne sont pas incluses dans le gel des tarifs et qu'au Québec, comme le dit bien la publicité de louer un chauffe-eau pour une chanson, il en coûte 3 $ de plus qu'au Nouveau-Brunswick pour louer un chauffe-eau, soit 8,80 $ par mois.

En faisant un calcul rapide, M. Arseneau estime qu'Hydro-Québec récoltera ainsi des revenus additionnels mensuels de près de 12 millions de dollars. À cela, il ajoute les tarifs de branchement qui ne sont pas protégés par l'entente. Ils sont de 73 $ présentement au Nouveau-Brunswick, alors qu'ils sont de 276 $ avec HQ, toujours selon les chiffres fournis par M. Arseneau.

L'homme d'affaires s'intéresse également aux détails portant sur les économies réalisées par les consommateurs. Une mise en garde s'impose selon lui quant aux paragraphes portant sur les conditions de consommation. En utilisant les chiffres indiqués, il réalise que la consommation résidentielle au Nouveau-Brunswick représente 66 % de la consommation totale. Et si la consommation dépasse le maximum alloué par HQ sur cinq ans, l'entreprise pourra majorer les tarifs d'électricité avec intérêt.

«Louis J. Robichaud a dit qu'il construirait des ponts suffisamment larges pour faire passer tout le monde, mais ici on construit deux grosseurs de ponts, un petit pour le petit nombre de personnes et un gros pour le reste de la population.»

M. Arseneau croit que la vente sera conclue le 31 mars, mais estime qu'on en parlera encore dans 50 ans. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick aurait plutôt dû, selon lui, lancer une restructuration majeure de la société d'énergie. Il croit que la province aurait pu embaucher des experts indépendants afin d'évaluer les conditions de vente d'ÉNB.

À ces propos, Brian Kenny, ministre d'État aux aînés et député libéral de Bathurst, répond que le statuquo sera maintenu en ce qui a trait aux tarifs.

«C'est Énergie NB qui va contrôler les tarifs et ils vont demeurer les mêmes qu'avec Énergie NB. Je vous rappelle qu'Énergie NB serait une entité indépendante et les tarifs seront déterminés par le gouvernement du N.-B. Je comprends que les gens peuvent avoir des réticences envers le Québec, mais c'est bien clarifié dans le document d'entente que nous aurons le contrôle sur ces points.»

M. Kenny admet que beaucoup de Néo-Brunswickois sont inquiets de cette entente et qu'ils s'interrogent beaucoup sur les détails. «Je les écoute et je cherche des réponses à leurs questions. Mais il faut regarder dans quelle position nous serons s'il n'y a pas cette vente. Les tarifs ont augmenté de 27 % dans les cinq dernières années et il faut aussi voir les industries que nous pourrions attirer au Nouveau-Brunswick !», estime M. Kenny.

 

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