Chaleur Building Supplies: les secrets derrière 45 ans de succès

Publié à 6h00 le jeudi 4 février 2010
B9

Plusieurs facteurs expliquent le succès de l'entreprise Chaleur Building Supplies de Bathurst, qui célèbre cette année ses 45 ans. Mais y a-t-il vraiment des secrets pour réussir en affaires?

Agrandir
Photo contribution.
Les actionnaires de l’entreprise familiale Chaleur Building Supplies, qui célèbre ses 45 ans en 2010. De gauche à droite: Michael Doucet, Aubin Doucet et Ludger Doucet.

Selon Aubin Doucet, fondateur de Chaleur Building Supplies, il faut surtout garder les deux pieds sur terre, car chaque jour est un défi.

«J'ai commencé l'entreprise avec mon frère Réginald, décédé il y a quatre ou cinq ans. Il venait me rendre visite lorsque j'habitais aux États-Unis et que je travaillais dans les matériaux de construction. Un bon jour, il m'a dit: «Si tu décides de revenir, ce serait le temps avec la construction de la fonderie et l'ouverture de la mine Anaconda. Ton savoir-faire serait bienvenu chez nous.»

Il n'en fallait pas plus pour le convaincre de rentrer au bercail. Il mit sa maison à vendre, s'amena dans la région Chaleur avec sa famille et ouvrit un magasin de matériaux de construction, le 19 avril 1965, année de naissance de son fils Michael, né aux États-Unis.

«Nous avons lancé notre entreprise avec 30 000 $, 15 000 $ chacun. Nous avons construit le magasin ici à notre deuxième année. Au départ, nous savions que pour les six premiers mois, nous ne pouvions nous permettre d'obtenir un salaire. C'est pourquoi, lorsque j'ai vendu ma maison aux États, j'ai mis 5 000 $ de côté pour soutenir ma famille. Notre première paye a été de 25 $ par semaine. Nous sommes ensuite passés à 60 $ par semaine, dit-il en montrant du doigt son livre de comptes de l'époque.

Constatant le besoin croissant pour des dimensions de bois qui n'étaient pas offertes, et qu'il fallait faire scier sur mesure par une scierie, le duo décide alors de fonder Chaleur Pulp Wood Ltd, à St-Laurent - vendu plus tard à Scierie Chaleur. M. Doucet fait d'ailleurs remarquer que le numéro d'étampe des produits de cette scierie est le même que celui acquis par son frère et lui à l'origine (#131). La production de sa scierie était écoulée à son magasin à 80 % et le reste exporté ailleurs au Canada et aux États-Unis.

Après deux ans, Réginald préféra se lancer dans la gestion de la scierie et laisser à Aubin le soin de s'occuper de la vente et du marketing. À la dixième année, les frères Doucet apprirent qu'en raison de l'impôt, il leur était impossible d'exploiter deux entreprises ayant deux frères comme copropriétaires. C'est alors qu'ils décidèrent de scinder les deux entreprises: Aubin obtint le magasin et Réginald la scierie.

Pour ce qui est des sacrifices, Aubin Doucet n'en voit pas, sauf celui d'avoir dû consacrer plus de temps à son commerce qu'à sa famille de six enfants. Il vient de célébrer ses 71 ans et consacre toujours quelques heures par semaine à l'entreprise familiale.

Ses fils Michael et Ludger assurent la relève depuis 1994. Ayant commencé au bas de l'échelle comme tout employé, dans des postes de balayeur, de livreur ou de commis dans la cour à bois, ils connaissaient suffisamment bien l'entreprise pour en prendre les rênes. Michael et Ludger, qui sont maintenant actionnaires de l'entreprise, ont acheté le commerce familial de leur père. Ils connaissaient les risques, mais en ont fait l'achat en toute confiance, puisque l'entreprise était bien établie dans la région.

D'une superficie de 700 à 800 pieds carrés, l'entreprise est devenue ce qu'elle est aujourd'hui, avec en plus un entrepôt additionnel, soit l'ancien Beresford Building Supplies.

Pour Michael Doucet, un des facteurs du succès d'un commerce est le secteur des achats. «Un délai d'une journée et même de quelques heures peut faire la différence. Tu achètes un lot de produits une journée à un prix et le lendemain il est réduit. Cela vient de réduire tes profits facilement de 800 $ d'un seul coup et faire une différence dans ton prix de vente. Étant grossiste, cela prend de l'importance. Il faut parier et écouter ceux qui font la même chose que nous. Chaque jour est un défi», admet celui dont l'âge suit les années de l'entreprise.

Pour Ludger Doucet, frère cadet de 4 ans, le fait que le paternel les ait bien préparés à la succession et qu'il demeure dans les environs pour leur prodiguer des conseils apportent une autre force au commerce. «Il faut que la succession se prépare. C'est plus difficile aujourd'hui de mener une telle entreprise qu'à l'époque de mon père. Les gens sont plus stressés, il y a plus de produits, les clients sont mieux informés. Démarrer une telle entreprise aujourd'hui serait tout un défi. Nos clients peuvent compter sur des employés avec plus de 30 années d'expérience dans l'entreprise, permettant d'offrir un excellent service aux clients. C'est important pour nous», révèle le plus jeune des actionnaires.

Chaleur Building Supplies compte 17 employés l'été et une quinzaine pendant la saison la plus tranquille. Les propriétaires ne prévoient pas organiser de célébrations en 2010, mais ont l'intention de le faire pour le cinquantenaire, en avril 2015.

 

Disabled

Commenting has been disabled for this item. Existing comments appear below but you may not add a new comment at this time.
Publicité
Publicité

Recherche