
Pardonner et oublier
Publié à 6h00 le jeudi 4 février 2010


Y-a-t-il une différence entre pardonner et oublier? Il arrive souvent que nous ayons le pardon trop facile pour un oubli impossible. Je suis un peu bouleversé par ceux qui ont le pardon trop facile en ce qui concerne les crimes ou les gaucheries au sport. On semble découvrir que les amateurs de sports ont le pardon trop facile comparativement à d'autres secteurs de la société.
Un joueur de la Ligue nationale de hockey a purgé plusieurs années de prison après avoir été reconnu coupable de complicité dans la planification de l'assassinat de son gérant. Après qu'il soit sorti de prison, les amateurs de hockey lui rouvrent la porte pour l'intégrer à nouveau dans ce sport. On dit même qu'il y avait huit fois plus de spectateurs qu'à l'habitude à son premier match, simplement pour accueillir ce joueur de hockey devenu héros. Peu importe si la tendance se maintient ou pas dans l'assistance, on a envoyé le message à cet homme qu'il était aimé, pardonné et qu'on avait oublié sa faute.
D'un autre côté, la justice condamne les prêtres qui ont commis la faute de la chair, mais en revanche, c'est l'Église que la société condamne et pénalise. Nous assistons à l'opposé de ce que le monde sportif démontre. L'assistance, au lieu d'augmenter, baisse considérablement.
J'en conclus que le sport est plus fort que la foi ou la religion. Ou le sport est-il une religion? Pourquoi sommes-nous prêts à pardonner les fautes de simples individus issus du monde du sport et qu'on punisse à un tel degré une institution? N'allez pas me dire que l'Église n'a pas le droit de commettre des fautes ou qu'elle nous a caché la vérité pendant des centaines d'années! Ce sont là les arguments des détracteurs.
Le sport apporte un plaisir que rien d'autre ne nous apporte. Est-ce une raison pour aduler ceux qui ont commis un crime? Le péché de la chair est-il plus impardonnable que le péché du mensonge?
Nous sommes prêts à dépenser 100 $ pour assister à un événement sportif et en revanche, nous reprochons à l'Église de vouloir nous soutirer 10 $ à la quête ordinaire.
Je reçois, à l'occasion, des messages de personnes qui expriment leur colère envers l'Église catholique, mais qui refusent que je publie leur opinion affichant leur colère par rapport aux scandales qui sont commis par quelques prêtres. Dans le fond, qui est le plus coupable? Moi, qui me suis retiré de l'Église, moi qui suis prêt à transformer un sportif condamné en héros, ou moi qui refuse de pardonner le crime d'un homme de l'Église ?
Ce moi, c'est aussi vous! Mais quand vient le temps de se donner raison et de prouver sa bonne conscience, toutes les excuses sont bonnes. Bonne réflexion!
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