La crise était prévisible, selon des experts

Publié à 6h00 le jeudi 4 février 2010
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Ken MacGeorge, président du Centre de soins York à Fredericton, et Barb Burnett, première directrice générale de l'Institut de vieillissement de l'Atlantique, ont voulu faire part de leurs impressions par rapport au problème de congestion à l'hôpital de Bathurst, et au problème de vieillissement dans tout le Nouveau-Brunswick.

L'Institut de vieillissement de l'Atlantique est un institut de recherche situé à Fredericton qui collabore avec des foyers de soins de l'Atlantique, du Québec et de l'Ontario. Les recherches se font de concert avec plusieurs universités comme l'Université du Nouveau-Brunswick et l'Université St Thomas. L'objectif est de mener des recherches basées sur l'amélioration des conditions de vie des personnes âgées.

Ken MacGeorge a travaillé pendant 42 ans dans le système de santé au Nouveau-Brunswick. Durant cette période, il a participé à toutes les conférences officielles entourant la question du système de santé. Pour lui, cette crise qui se caractérise par le manque de places dans les foyers de soins, donnant lieu à une congestion dans les hôpitaux, était prévisible depuis plusieurs années. Il remarque que les gouvernements attendent toujours d'être acculés devant une situation à laquelle ils ne peuvent se soustraire avant de réagir. «Comme dans tout domaine, le domaine de la pêche par exemple, et je peux en donner bien d'autres, le gouvernement attend d'être au pied du mur avant de réagir. Nous avons eu le même problème il y a 18 ans. La seule différence, c'est que la situation va de mal en pi», explique Ken MacGeorge.

Même si les stratégies, élaborées entre le gouvernement et le conseil d'administration, semblent être d'un grand réconfort et d'une grande efficacité pour éliminer la congestion qui sévi actuellement à l'Hôpital régional Chaleur de Bathurst, il n'existe pas de panacée. «Les solutions ne sont pas simples. Il ne s'agit pas de construire des foyers de soins pour espérer enrayer le problème complètement. C'est un problème qui requiert des changements de plusieurs ordres», examine monsieur MacGeorge. Il croit, tout comme Barb Burnett, qu'une défaillance de communication et d'interactions entre les professionnels du système de santé serait une des causes du problème.

Selon eux, le problème est également culturel. «Nous sommes allés d'une société communautariste à familles nombreuses pour atterrir dans une société où les gens vivent souvent seuls. C'est peut-être l'occasion pour nous de réintégrer partiellement notre ancien système en aidant nos aînés », argumente madame Burnett.

La situation est quasiment similaire à l'Hôpital Chalmers de Fredericton qui voit, chaque jour, 50 lits occupés par des personnes âgées qui auraient dû être placées dans des foyers de soins. «Il y aura des foyers de soins qui vont ouvrir dans quelques mois ici à Fredericton. Mais nous développons un centre journalier pour aider les familles à soigner leurs aînés à la maison. Nous voulons faciliter à notre population l'accès à des informations comme où aller pour se faire soigner les dents, se procurer des verres de contact, des fauteuils roulants. Ce sont toutes de petites choses qui sont souvent un gros problème pour beaucoup de familles», commente monsieur McGeorge.

L'Ontario et la Nouvelle-Écosse font figure d'exemples dans le domaine de la gestion du vieillissement de leurs populations. Les deux provinces injectent régulièrement d'énormes sommes d'argent pour éviter de tomber dans une situation aussi délétère.

«Je pense qu'au Nouveau-Brunswick nous sommes trop dépendants du gouvernement. Nous devons tous travailler main dans la main. Nous devrions mettre plus l'accent sur le rôle de la communauté et même celui de l'Église», conclut Ken MacGeorge

 

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