
L'INCA sollicite la générosité de la population
Publié à 6h00 le jeudi 18 février 2010


La bibliothèque de l'Institut national canadien pour les aveugles (INCA) est aux prises avec des difficultés financières, ce qui met en péril certains services essentiels qu'elle offre aux aveugles et aux gens avec des problèmes de vision.
La campagne de financement «droit de lire» a débuté le 19 janvier dernier afin d'amasser de l'argent pour aider la bibliothèque de l'INCA à maintenir les services qu'elle offre aux Canadiens qui sont aveugles ou qui vivent avec une perte de vision.
La bibliothèque de l'INCA, financée presque entièrement par des dons de charité, peine à répondre à la forte demande en supports décryptables par ses clients dont la vision est amoindrie par l'âge ou par des maladies héréditaires. Les frais annuels d'exploitation sont de plus en plus élevés en raison de l'avancée de la technologie, et de la production sur les différents médiums comme l'audio, l'audionumérique, le texte électronique et le braille.
John Bullen, de Bathurst, est abonné à la bibliothèque de l'INCA. Il reçoit régulièrement des livres dans un format CD. Il pense que la bibliothèque est le service le plus important de l'INCA. «La bibliothèque représente un centre d'approvisionnement où l'on peut obtenir de la documentation en braille, et des livres sous forme de CD. Ça peut être des magazines et des journaux. Nous remercions beaucoup les donateurs pour leur aide, et nous voulons qu'ils continuent à nous aider parce que c'est une ressource importante pour les aveugles, une ressource que l'on ne peut trouver nulle part ailleurs», confie John Bullen.
Moins de 5% des documents publiés au Canada sont offerts en médias substituts, ce qui veut dire qu'une grande partie de la population aveugle ou avec des problèmes de vision ne peut pas lire, s'informer et poursuivre correctement ses études.
Au Nouveau-Brunswick, 22 400 personnes vivent avec une perte de vision. Ce nombre devrait doubler d'ici 2032, selon les prévisions. Le problème est d'autant plus actuel qu'il concerne tout le Canada puisque 3,4 millions de citoyens sont touchés par différentes maladies oculaires.
La bibliothèque de l'INCA dessert 24 000 personnes sur une base régulière à travers tout le Canada, mais seulement 535 Néo-Brunswickois.
Le ministre de l'Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, Donald Arsenault, a récemment réagi en accordant à l'INCA 130 459$, afin que sa bibliothèque continue à offrir des services aux personnes du Nouveau-Brunswick qui sont aveugles ou qui ont une vision partielle. Cette somme a permis à l'INCA d'atteindre ses objectifs financiers au niveau du Nouveau-Brunswick.
«Les gens du Nouveau-Brunswick doivent avoir accès à tous les outils disponibles pour s'informer et s'éduquer», avait déclaré M.Arsenault.
Des provinces comme l'Ontario et l'Alberta se sont aussi engagées financièrement. Pour Claudette LeClair, spécialiste des Services d'orientation des carrières d'emplois et des technologies, il faut que les autres provinces aillent aussi de l'avant et surtout que le fédéral embarque dans le projet. L'objectif total au niveau national est de 7,8 millions $.
«Je suis une personne qui est directement touchée par ce problème parce que mon père a une perte de vision et c'est héréditaire. Ça veut dire que je pourrai être moi-même une de ces personnes pour qui l'accès aux informations est un défi. On ne sait jamais quand un problème de vision peut nous toucher. Ça peut arriver à n'importe quel moment et à n'importe qui», conclut Mme LeClair.
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